Le sigle apparaît sur presque toutes les fiches de serrurerie, et il revient dès qu'un assureur est en jeu. Il ne désigne pourtant ni une marque ni une garantie de fabrication : c'est une mesure de temps.
Ce que le label mesure
A2P signifie Assurance Prévention Protection. La certification est délivrée par le CNPP à l'issue d'essais en laboratoire, où des techniciens tentent réellement d'ouvrir le produit avec les outils employés par les cambrioleurs : perçage, crochetage, arrachement, sciage. Ce qui est certifié n'est pas une intention mais un résultat, exprimé en minutes de résistance avant ouverture.
Une étoile, deux étoiles, trois étoiles
Sur une serrure ou un cylindre, l'échelle est simple : une étoile correspond à cinq minutes de résistance, deux étoiles à dix minutes, trois étoiles à quinze minutes. L'écart peut sembler modeste, il ne l'est pas. La majorité des effractions sont abandonnées dans les premières minutes, parce que le bruit et la durée augmentent le risque d'être vu. Passer de cinq à quinze minutes ne triple pas la sécurité, il déplace la porte hors du champ des tentatives opportunistes. Les blocs-portes blindés suivent la même logique sous une autre appellation, avec trois niveaux équivalents.
C'est le contrat qui fixe le niveau, pas la loi
Aucun texte n'impose une serrure certifiée à un particulier. En revanche, beaucoup de contrats d'assurance habitation conditionnent l'indemnisation d'un vol à la présence d'un équipement d'un niveau donné, parfois à partir d'un certain montant de biens assurés ou dans certaines zones. Le niveau exigé se lit dans les conditions particulières, et il varie d'un assureur à l'autre. C'est la première chose à vérifier avant de choisir, plutôt qu'après le sinistre.
Deux pièges à connaître
La certification porte sur un ensemble testé, pas sur une pièce isolée. Remplacer le cylindre d'une serrure certifiée par un modèle non certifié, ou supprimer la protection qui couvre le barillet, fait perdre l'équivalence même si la serrure d'origine était classée. Second point : le marquage doit être présent sur le produit lui-même, avec un numéro de certificat, et cette certification est réexaminée périodiquement. Un artisan sérieux fournit ce justificatif sans qu'on le demande, ce que rappelle notre blog à propos du sérieux d'un dépannage.









